Origine du nom "Saint-Amé"

La commune de Saint-Amé tire son nom de Saint Amé, Patron de la paroisse et Fondateur avec Saint Romaric du Monastère du Saint Mont qui fut à l’origine de la puissante Abbaye de Remiremont.

Qui est Saint-Amé ?

Saint-amé

Saint Amé est né d’une famille noble en 570 à Grenoble. Il passa sa jeunesse au Monastère de Saint Maurice d’Agaune dans l’actuel Valais suisse. Devenu moine, Amé fut attiré par la solitude et se signala par son goût pour la vie mystique. Saint Eustaise, disciple et successeur de Saint Colomban, rencontra Amé dans sa retraite et réussit à le faire venir au monastère de Luxeuil. Les qualités d’Amé le désignèrent pour aller prêcher à la Cour d’Austrasie. C’est là qu’il fit la connaissance de Romary et le convertit à la vie religieuse. Amé et Romary fondèrent sur le mont Habend un Monastère double d’hommes et de femmes. Amé fut chargé de la direction spirituelle de ce Monastère et en devint le premier Abbé. Saint Amé, demeuré ermite dans l’âme, se réfugia dans une grotte au pied de la montagne et y passa les dernières années de sa vie. Il mourut au Saint Mont en l’an 629.

Comment appeler les habitants ?

Le nom de « Poterlacats » a été autrefois donné aux gens de Saint Amé. Dans son ouvrage « Le folklore des Hautes Vosges », Sauvé explique l’origine de ce nom de la façon suivante :

Au temps jadis, vivaient à Saint Amé deux bonnes gens, mari et femme. Ils n’étaient point riches, buvaient moins de vin que d’eau claire et ne se nourrissaient guère que de bouillie de millet.
Cela ne les empêchait point d’être gourmands l’un et l’autre et de se disputer souvent à propos du gratin, c’est à dire sur la question de savoir qui raclerait le pot. La femme parla un jour de s’en rapporter à Saint Amé. « Va t-en le trouver de suite ! » cria l’homme impatienté.
La femme ne se le fit pas répéter. Le temps de mettre un tablier propre et un bonnet blanc et la voilà de courir à l’église.
Dès qu’elle se fut agenouillée, elle dit :
« Grand Saint Amé, je viens vous prier pour savoir lequel, de mon homme ou de moi, doit racler le pot (le pot dat ralaca). « C’est l’homme, » répondit une voix fluette, qui semblait sortir de derrière l’autel.
La femme, croyant entendre un enfant, sans doute l’enfant Jésus, répliqua vivement :
« Taisez vous, petiot, laissez parler les grands. » Et elle renouvela sa question.
« C’est l’homme, » répondit la même voix, mais plus nette et plus assurée.
Alors, la femme se fâcha : « Eh bien, puisque c’est l’homme, je ferai la bouillie si claire, si clairette, qu’il n’y aura rien à racler. »
Et elle s’en alla furieuse, pendant que son mari, pris d’un fou rire, était sur le point d’étouffer dans la cachette où il s’était blotti aux pieds de Saint Amé. »

Aujourd’hui, les habitants de Saint Amé ne se disent plus Poterlacats, mais Stamésiens. En effet, ils ne se reconnaissent plus dans l’anecdote rapportée ci-dessus qu’ils estiment sans rapport avec leur histoire, leurs traits de caractère ou leurs conditions de vie. Rendant hommage à Saint Amé, le Saint qui a vécu autrefois dans leur contrée, ils se sont depuis plusieurs décennies nommés Stamésiens.

La commune sous la Révolution

La Commune de Saint Amé prit pendant la Révolution le nom de La Nolle sur les Sables. La Convention Nationale voulut en effet effacer tous les noms de lieu qui rappelaient Dieu ou ses Saints. Dans le Pays de Remiremont, de nombreuses communes durent ainsi changer de nom. En réalité, ce nouveau nom donné à la commune de Saint Amé ne fut jamais adopté par les habitants et l’administration elle même finit par l’abandonner.

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