Chapelle du vieux Saint-Amé

Le Vieux Saint-Amé

Vieux Saint-amé

Le Vieux Saint Amé se situe au dessus du hameau de Celles dans une clairière au milieu de laquelle a été édifiée une chapelle. Ce site chargé d’histoire contient aussi la grotte dans laquelle Saint Amé s’était retiré pour prier et faire pénitence. Des croix érigées à cet endroit rappellent que ce lieu a accueilli la première église de Saint Amé et que le cimetière recevait jusqu’en 1724 les corps des paroissiens décédés.
Il convient donc de relater l’origine de l’église de Celles, les raisons qui ont commandé au XVIIIème siècle son transfert dans l’actuel bourg de Saint Amé et la mise en valeur de ce site vénérable du XIXème siècle jusqu’à nos jours, notamment grâce au pèlerinage annuel.

L'église de Celles

Au temps de la fondation du monastère du Saint Mont, il existait dans les environs une population clairsemée. Lors de la venue des moines, le nombre des habitants augmenta afin de défricher, de construire et de cultiver. Il était naturel que les moines du Saint Mont se soient préoccupé de l’assistance spirituelle des populations toujours plus nombreuses établies aux alentours. Petit à petit furent donc érigées les premières paroisses.

La création de la paroisse de Celles répondait donc au besoin de donner aux habitants des environs le secours de la religion. Les moines du Saint Mont, qui étaient ses desservants, descendaient de la montagne pour célébrer la messe.

Saint Amé a certainement aménagé un oratoire au lieu de sa retraite. Les moines du Saint Mont ont probablement construit une chapelle en souvenir du saint homme. Toujours est-il que l’emplacement de l’église primitive de Celles correspond au lieu où Saint Amé s’est retiré.

Ainsi l’implantation de l’église de Celles au pied du Saint Mont ne s’explique que par la présence à cet endroit de la grotte où vécut Saint Amé et de la chapelle qui fut construite à proximité.

Cette chapelle était probablement entourée à l’origine de « celles », c’est à dire de cellules monastiques. L’église de Celles devint le siège d’une paroisse dont le territoire couvrait la basse vallée de Cleurie jusqu’au Tholy, les hameaux de Bréhavillers, Bémont, Champé, le Chanois, Nol, Pécavillers dans l’actuelle commune du Syndicat, ainsi que les hameaux à l’origine de l’actuelle commune de Saint Amé.

L’édifice était de dimension moyenne, puisqu’il mesurait environ 12 mètres de long sur 8 mètres de large. Un porche de bois, surmonté d’un clocheton, protégeait la porte principale des intempéries. La nef n’était pas éclairée ; seul le chœur était pourvu de vitraux. L’autel majeur était consacré à Saint Amé. Les chapelles latérales étaient dédiées l’une à la Vierge et l’autre à Saint Joseph. Par la chapelle Saint Joseph, une porte donnait accès au cimetière paroissial qui s’étendait le long de l’église. Jouxtant le cimetière, se trouvait la cabane des ermites. Ceux-ci avaient la mission d’assurer la garde des lieux.

Le curé de la paroisse de Celles était nommé par les Chanoines de l’église Saint Pierre de Remiremont. Ce curé demeurait au hameau de Celles dans une ferme qui existe toujours. En semaine, il disait la messe dans une chapelle dédiée à Saint Antoine, qui y était accolée.

L'école des filles

Le curé et les paroissiens de Saint Amé s’adressèrent en 1718, puis en 1723, à l’évêque de Toul afin d’obtenir l’autorisation de construire au hameau de La Nolle une nouvelle église plus vaste et plus accessible.

L’abbé Fuzelier, curé de Vagney, fut chargé d’établir un rapport. Il se rendit le 28 mars 1723 au Vieux Saint Amé pour visiter l’église paroissiale de Celles, puis au hameau de La Nolle.

Le curé de Vagney fit tout d’abord remarquer que l’église de Celles était dépourvue de sacristie, ce qui était mal commode pour le curé, et qu’elle était trop petite pour contenir l’ensemble des paroissiens, dont le nombre s’était accru de manière importante. L’église n’avait pas de tour, mais un simple petit clocher incapable de recevoir des cloches susceptibles d’être entendues par la plupart des paroissiens.

Mais le plus grand reproche que l’abbé Fuzelier faisait à l’église de Celles, c’était son éloignement des habitations.

Située à l’extrémité de la paroisse, sur un plateau entouré de rochers et de précipices, elle était difficile d’accès, surtout en hiver, lorsque les sentiers étaient couverts de neige et de glace. L’assistance à la messe dominicale était rendue difficile pour beaucoup et souvent, à la mauvaise saison, les cérémonies devaient être écourtées. Porter les enfants à l’église pour le baptême était périlleux. Pareillement, l’administration des sacrements aux malades et l’instruction religieuse de la jeunesse étaient malaisées.

A la suite du rapport fait par le curé Fuzelier, l’évêque de Toul donna le 20 août 1723 son autorisation pour la construction d’une nouvelle église au hameau de La Nolle.

L’église du Vieux Saint Amé subsista jusqu’en l’an 1749. L’édifice était désormais déchu de son titre d’église paroissiale et ne servait plus que le lundi des Rogations pour la traditionnelle procession des Chanoines de Remiremont et le jour de la Saint Amé pour le pèlerinage des paroissiens auprès de leur saint patron.

L’église de Celles abandonnée subit l’outrage des intempéries et les excès des vandales. L’évêque de Toul, alerté, ordonna la démolition complète de l’édifice.

Le Pèlerinage au Vieux Saint-Amé

Le pèlerinage annuel à la chapelle du Vieux Saint Amé a lieu le deuxième, voire le troisième dimanche du mois de septembre, à la date la plus proche de l'anniversaire de la mort du saint homme le 13 septembre 629.

Ce pèlerinage se veut tout d'abord un hommage à Saint Amé, qui se retira en ce lieu et qui, avec Saint Romaric et les moines du Saint Mont, répandit la foi chrétienne dans toute la contrée. C'est aussi pour les paroissiens un retour aux sources, puisque c'est à cet endroit, près de la grotte où Amé vécut en ermite, que fut implantée la première église entourée jusqu'en 1724 du cimetière où reposent leurs aïeux.

Après la démolition de cette église dans les années 1750, les habitants de Saint Amé ont tenu à rappeler leur attachement à ce site vénérable. En 1833, la Fabrique de Saint Amé a fait ériger une croix « pour perpétuer le souvenir de l'église bâtie en ce lieu par Saint Amé et Saint Romaric en l'an 625. » Une autre croix a été édifiée à l'entrée de l'ancien cimetière « à la mémoire des paroissiens enterrés en ce cimetière depuis l'origine de la paroisse jusqu'en 1724. » Pareillement des inscriptions dans la pierre signalent la grotte où Saint Amé aimait se retirer pour jeuner et prier et la source où les moines venaient de désaltérer.

La chapelle enfin, bâtie en 1882 par le curé Roy sur les assises de l'église primitive, paracheva cette volonté de rappeler à tout jamais la sainteté de ce lieu.

L'association des Amis du Vieux Saint Amé s'attache à entretenir ce site, les croix, la grotte et la chapelle, à promouvoir le souvenir de Saint Amé et à assurer le bon déroulement du pèlerinage annuel.

Le pèlerinage au Vieux Saint Amé a donné lieu à des festivités grandioses, notamment à l'occasion du centenaire de la chapelle, le 12 septembre 1982. Le bulletin paroissial a rendu compte en détails des cérémonies que présidait l'évêque de Saint Dié.